Vigile – Hyam Zaytoun

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Hyam Zaytoun se fait vigile, elle devient sentinelle.
Dans un premier roman fulgurant, elle revient sur le drame qui a bouleversé sa vie et celle de sa famille. En pleine nuit, dans le lit conjugal, son compagnon est victime d’un infarctus. Après l’inéluctable défilement du temps, minutes interminables pendant lesquelles elle n’a de cesse de maintenir le rythme cardiaque, il y a l’opération, le coma artificiel, l’angoisse de l’incertitude.
La comédienne retrace dans Vigile les quelques jours qui ont suivi l’accident, sans jamais sombrer dans un pathos sentimentaliste. Elle entraîne le lecteur dans la valse de ses émotions, le fait virevolter aux bras des visiteurs qui l’entourent, dans un texte bref, extrêmement fort, égrené à bout de souffle.
Au cœur de ces heures sombres et dramatiques, Zaytoun n’abandonne jamais, elle tient le cap et se gave d’espoir, tenue à bout de bras par l’amour qu’elle porte à son conjoint, à ses enfants, soutenue par ses proches. Elle tient pour eux, convaincue que tout peut encore rentrer dans l’ordre. Comme une forcenée, elle puise son énergie dans cet amour total et absolu qui devient son garde-fou, son mantra de chaque instant.
Véritable hymne à l’amour, Vigile est un texte puissant qui risque de laisser de profonds stigmates chez le lecteur. Cri d’amour, cri d’espoir, cri de vie, le déchirement éprouvé par l’auteure résonne comme un triste écho aux craintes les plus sombres, aux angoisses les plus enfouies.
Ce qui ressort avant tout de ce roman mémorable, c’est la gifle qui retourne les tripes. On referme Vigile avec le besoin viscéral de dire « Je t’aime », le besoin de vivre avant l’effondrement. Zaytoun nous rappelle combien le bonheur peut être éphémère, piqûre brûlante pour se souvenir que tout peut à chaque instant basculer. Que le temps des regrets n’a pas de place à prendre.
Qu’il faut aimer pour tenir, pour ne pas sombrer.

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