octobre 8, 2020

Vénus érotica – Anaïs Nin

 

 

Vénus érotica Book Cover
Vénus érotica Littérature érotique Stock 249

Résumé :

Les lecteurs du célèbre Journal d’Anaïs Nin savent qu’en 1950, à l’instigation d’un mystérieux collectionneur, Henry Miller et Anaïs Nin écrivirent des « érotiques ».

Longtemps, ces textes furent mis en sommeil.

Depuis sa publication, ce livre n’a cessé de figurer sur la liste des best-sellers et la critique l’a accueilli avec enthousiasme, le trouvant particulièrement révélateur du talent romanesque d’Anaïs Nin.

Parlons peu, parlons cul. Vénus Erotica est un recueil de nouvelles érotiques rédigé dans les années quarante par Anaïs Nin, sous la coupe d’un anonyme commanditaire. Publié des années plus tard, ce florilège de textes épicés est devenu au fil du temps un classique de la littérature du genre. Il suffit de quelques pages pour comprendre pourquoi ces écrits sulfureux ont marqué l’histoire littéraire ; pour réaliser qu’il est possible d’allier poésie et érotisme, sans jamais faire baisser la température. Chronique.

Vénus Erotica, entre érotisme et poésie

Philippe Djian (tiens, encore lui ?) déclarait en 2018 :

Le principal écueil dans l’écriture d’une scène de sexe, c’est la confusion entre pornographie et érotisme. L’érotisme ne m’intéresse pas du tout. Essayer de raconter quelque chose sans le dire vraiment, avec des contorsions, des périphrases, c’est comme au cinéma quand les partenaires entrent dans une chambre, et qu’on ferme la porte. C’est stupide : soit on y va, soit on n’y va pas !

Philippe Djian, dans Elle (06/06/2018)

Et pour une fois, Philippe (oui, je me considère suffisamment tordue pour te tutoyer), mon cher Philippe donc, je ne suis pas d’accord avec toi. Laisse-moi t’exposer mon point de vue.

Dans Vénus Erotica, Anaïs Nin fait danser subtilement l’érotisme et la pornographie, elle entremêle dans ses nouvelles une langue suggestive et une délicatesse sans retenue. Il n’est pas, dans les lignes de l’autrice américaine, question de confusion ; mais plutôt de balance. Si les scènes de sexe décrites sont suffisamment explicites pour se passer de dessin, elles puisent toute leur profondeur dans l’attention portée aux détails. En lisant Vénus Erotica, le lecteur comprendra vite que la pornographie n’a pas besoin d’être vulgaire pour émoustiller.

Anaïs Nin, ou la sensualité exacerbée

La femme-Nin est la Vénus érotica, elle est la femme maîtresse de son corps, de sa sexualité et de ses fantasmes. Si le sujet est toujours tendancieux, il est essentiel de replacer le texte dans son époque pour saisir toute sa subversivité. Parler du plaisir féminin dans les années quarante était impensable, et pourtant, Anaïs Nin rentre dans le vif du sujet absolument ; sans compromission ni bien-pensance.

Délicieusement subversif, à la fois transgressif, poétique et délicat, Vénus Erotica est un recueil qui se savoure et se consomme, les joues rosées, les sens en émoi. Et franchement, Philippe, je suis surprise que n’y ai pas succombé.

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