octobre 12, 2020

Les déferlantes – Claudie Gallay (2008)

Les Déferlantes Book Cover
Les Déferlantes Littérature générale Editions du Rouergue Disponible en poche chez Babel 522

Résumé éditeur

Sur la pointe de la Hague, un homme, Lambert, revient quarante ans après sur le lieu du naufrage de ses parents et de son petit frère. La narratrice, une étrangère au pays, va peu à peu découvrir le mystère et les secrets de cette noyade, et mettre à jour les liens complexes unissant certains habitants du bourg. Prix des lectrices de Elle 2009.

Ralentir. Prendre le temps de savourer chaque ligne, chaque page. Enfin. Souffler et puis se noyer dans les déferlantes comme on se love dans un fauteuil capitonné, un soir d’hiver. Parfois, il faut permettre aux mots de se fracasser, il faut les laisser ruisseler, imprégner leur écume mélancolique là, juste là où cogne le cœur. Les déferlantes de Claudie Gallay est de ces romans indélébiles, bouleversants et inoubliables ; de ces textes hors du temps qui font vibrer les cordes sensibles. Pour ce texte paru en 2008 aux Editions du Rouergue, l’autrice s’est vue décerner dix-neuf prix littéraires, dont celui du Grand Prix des lectrices de Elle, en 2009. Chronique. 

Les déferlantes, le slow reading selon Gallay

Les éléments se déchaînent à la Hague. La tempête dehors est rude, le ciel est bas, infini et insondable. Face à l’immensité de l’océan en furie, il y a une narratrice en exil qui tente de se réparer, de rafistoler son cœur en miettes. Dans le petit village normand, elle croise le chemin d’autres éclopés de la vie, et notamment celui de Lambert, qui s’efforce lui aussi de reconstruire son passé. Ensemble, les deux hères font le pari silencieux de se guérir mutuellement, de panser les plaies de l’autre pour mieux cicatriser leurs déchirures.

Parenthèse suspendue dans un monde déchaîné, Les déferlantes est une invitation à ralentir, à prendre le temps. Pour entrevoir toute la profondeur du roman de Claudie Gallay, le lecteur n’a d’autre choix que de laisser l’univers à sa course effrénée, pour enfin rentrer en lui-même. Le texte est une invitation à l’introspection, une supplique pour prendre le temps, pour ne plus le perdre. 

Les déferlantes, ou l’art du nature writing à la française

Au cœur des Déferlantes, il y a la nature, sauvage ; somptueuse. Claudie Gallay en fait un personnage à part entière, elle transpose le nature writing typiquement américain à la brume normande. La plume de l’autrice est lourde et atmosphérique, jamais pesante. Les éléments sont déchainés, infernaux ; ils exorcisent les maux, là où les mots ne suffisent plus. L’océan et ses vagues viennent se heurter au silence, aux souvenirs qui hantent.

Roman du mutisme presque mystique, les Déferlantes est un chambardement émotionnel. Dans un style abrupt, Claudie Gallay dessine avec finesse et intelligence des personnages profondément humains, des égarés qui ne trouvent refuge que dans la tempête. En mêlant mélancolie et poésie, douceur et déchirure, l’autrice entraîne son lecteur au bord du précipice, suspendu au dessus de l’abîme uniquement par la vie qu’elle fait crier dans chaque phrase. Une claque.

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