août 12, 2020

La vie ordinaire – Adèle Van Reeth : CHRONIQUE

“Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que des rendez-vous”. Et le poète aux mains libres de refuser la coïncidence arbitraire. Abruptement, tout est question de timing. Les courbes sont faites pour se rencontrer, les chemins pour se réunir en un point obscur, loin de tout rationalisme ; dans un endroit qui n’appartient qu’à ceux qui se croisent et qui portent en leur sein la lourde responsabilité de faire de cette conjonction ce qu’il leur plaira. Du contexte de la croisée de ces chemins naîtra, au choix, un rendez-vous manqué ou une entrevue nimbée de magie. En littérature comme dans la vie, je crois aux rendez-vous. A ceux que l’on zappe d’un revers de la manche, et à ceux qui nous enchantent. 

J’ai croisé la route d’Adèle Van Reeth à point nommé. La vie ordinaire est venu combler un vide en moi, un vide béant et hurlant, un vide qui ne demandait qu’à être gavé de mots. Le vide ordinaire. Dans d’autres circonstances, j’aurais certainement trouvé l’ouvrage pompeux ou égocentré. Mais, au moment où je l’ai lu, La vie ordinaire était exactement ce dont j’avais besoin.

L'ordinaire n'est pas un concept. C'est une quête.

La vie ordinaire n’est ni tout à fait un essai, ni une autobiographie. C’est tout cela et plus encore. Avec un certain sens du détail, Adèle Van Reeth décortique les choses de la vie, les petits gestes anodins qui remplissent nos journées. Rien ne lui échappe, rien ne nous est épargné. Avec beaucoup de sincérité, avec une certaine pudeur aussi, elle livre sa matrescence et sa maïeutique, elle décrypte au travers du prisme de l’ordinaire sa condition de femme, de fille, de mère. Et l’ordinaire n’est pas banal, il est en nous, intrinsèquement enraciné dans notre condition humaine. L’ordinaire est fondamental. 

La philosophie, par essence, n’apporte pas de solution. Mais c’est dans les pistes soulevées par les théoriciens américains Emerson et Clavell, entre autres, que l’autrice parvient, sinon à trouver un sens à son existence, au moins à se hisser hors d’un absurde fatalisme.

Je ne dirais pas que j’ai aimé ce texte. Je dirais simplement que je l’ai rencontré.

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