2030 Book Cover
2030 Littérature française Flammarion 224

Résumé éditeur : 

Un matin, Greg tombe sur un reportage vieux de dix ans sur le combat, en 2019, de « la jeune femme aux nattes ». Lui se sent pris en étau entre Anton, son beau-frère, pour qui il vient de falsifier les résultats d’une étude sur un pesticide, et Lucie, sa nièce, engagée dans une lutte écologique. Quand elle lui présente Véra, sa vision du monde s’en trouve ébranlée.

Six personnages se croisent dans ce roman de légère anticipation. Que s’est-il passé pour qu’en dix ans le monde poursuive son travail de dégradation ? Est-ce par paresse, impuissance ou égoïsme que les membres de cette famille ont laissé s’abîmer leurs vies et le monde qu’ils habitent?

 

Philippe Djian is back, en 2030. Alléluia !

Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que je voue un culte presque maladif à Philippe Djian. Un culte foncièrement infondé, je vous l’accorde, et pourtant si  virulent. Toujours est-il que l’acrobate du point virgule est le seul auteur pour lequel je fonce tête baissée en librairie, telle une groupie maladive, asseyant par mon comportement irrationnel la définition même du fanatisme. Cette addiction arbitraire mériterait d’ailleurs un article propre, et je garde en réserve l’analyse psychanalytique des tréfonds de ma toxicomanie djiantesque pour plus tard.

Pouf pouf.

2030, l’avenir selon Djian

Est-ce le passage chez Flammarion qui a ravivé la flamme Djian ? L’animal sauvage de la littérature française, qui peinait à se renouveler pour retrouver sa flamme, surgit de l’ombre avec 2030. Légère anticipation, ai-je pu lire. Visionnarisme étouffant, préféré-je rétorquer.

Dans un futur qui n’est pas si lointain, et dans lequel la jeune fille qui voulait éveiller les consciences a abandonné ses nattes, la Terre se consume, littéralement. Plus d’essence dans les réservoirs, les clims tournent à plein régime, les éléments se déchaînent ; l’air est étouffant. Irrespirable. Homme parmi les hommes, plongé dans un monde au bord du chaos, Greg travaille dans un grand labo aux côtés de son beau-frère, il se bat entre des résultats compromettants à fausser, son idylle naissante avec une éditrice engagée et les luttes écologiques de sa nièce. La famille est au bord de l’apoplexie, l’ambiance est moite, électrique, à l’image du climat qui se dérègle.

Djian, ou l’éternel retour des choses

Pour ses premiers pas dans le monde de la science-fiction, Philippe Djian n’a rien changé à la recette qui a fait sa réputation. L’histoire est secondaire, elle n’a en soit que peu d’importance ; elle est le prétexte à l’exacerbation des passions. Tout, chez le bonhomme, est affaire de rythme. 2030 est un roman-scénario, de prime abord facile à lire, et pourtant profond. Les dialogues sont justes, précis et sans fioritures, tandis que le style saccadé ne parvient pas à s’essouffler. 2030 se lit sans distanciation, avec la sueur qui perle au front, avec les doigts qui tremblent, avec l’urgence qui souffle la révolte.

Ecrivain à part dans le paysage littéraire français, Philippe Djian puise sa force dans sa capacité rare à donner une couleur aux mots. Les siens étaient bleu comme enfer dans les années quatre-vingt, ils sont devenus rouge ardent. Du grand Djian ; enfin.

Défiler vers le haut
/** * Theme footer. */ $theme = get_theme_framework(); $theme::render( 'layout.wp__footer' ); //get_theme_framework()::render( 'layout.footer' );